Les Cormorans de Penmarc’h dans la Tourmente :
Histoire, Résistance et Athlétisme (1939-1945)
Le Fanion Jaune : Cible des Soldats Ivres
Dès le début de l'occupation en 1940, un duel silencieux s'installe à l'entrée du stade. Le fanion du club, jaune frappé du cormoran noir et des initiales C.S.P., flotte fièrement en haut de son mât. Une provocation insupportable pour les soldats allemands abonnés aux deux bistrots voisins, Denis et Guégaden.
Tous les jours, après leurs beuveries, ils déchargeaient leurs revolvers sur cet emblème. La cordelette brisée par les tirs, personne n'osa grimper au mât fragilisé pour le décrocher. Il resta là toute la guerre, en lambeaux, "troué et déchiré par les balles, narguant les soldats qui durent partir sans l'abattre".
"Seul Lucien Larnicol manquait à l'appel"
À la Libération, alors que la vie reprenait ses droits avec une pêche abondante et des usines tournant à plein régime, l'heure des comptes sonna pour le club. Pierre Boënnec résume cette période d'une phrase poignante : « Le club ne se tirait pas si mal de la guerre. Seul Lucien Larnicol manquait à l'appel. »
Le capitaine de l'équipe, Jos Péron, avait « tenu bien haut le drapeau pendant cette épreuve ». Et quel soulagement pour tous de revoir le président Hyacinthe Moguérou (dit Claude), arrêté et déporté, revenir parmi les siens pour reprendre aussitôt sa place à la présidence.

Le grand absent
Employé de pharmacie puis herboriste, Lucien Larnicol était un résistant de la première heure. Dès juillet 1940, il avait tenté de rallier l'Angleterre via Concarneau. Membre du corps franc « Vengeance », il s'occupait d'exfiltrer des prisonniers de guerre en utilisant un stratagème audacieux : il leur établissait de fausses cartes de goémoniers. Arrêté le 21 février 1944, il paya le prix fort, mourant en déportation quelques mois avant la liberté.
Le Renouveau : La "Coupe de l'Avenir"
S'il n'y eut pas de championnat officiel en cette saison 1945, l'esprit de compétition renaissait. À l'initiative de Victor de Cadenet fils, une compétition symbolique vit le jour : la « Coupe de l'Avenir » entre clubs voisins.
Ce dynamisme contamina toutes les disciplines. Car les Cormorans, ce n'était pas que du football ! Basket, natation, tennis de table... et surtout l'athlétisme brillaient de mille feux.

On vit éclore de véritables champions locaux :
- Pierre Draoulec, sacré champion de Bretagne de marche sur 5 km (cadets) et 10 km (juniors), terminant même 3ème au championnat de France.
- Les filles n'étaient pas en reste : Anna Camus (sur 500m) et Mélanie Camus (sur 150m) devinrent championnes du Finistère, gagnant le droit de monter à Paris pour disputer le championnat de France.
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