Le Joli Temps du Thon
Quand Saint-Guénolé se hérissait de tangons
De l'après-guerre jusqu'aux années 80, c'était le grand rendez-vous de juin. Le port de Saint-Guénolé se hérissait de tangons (les perches à thon). La fête foraine battait son plein, on organisait des courses de galoche, de vélo et même des "courses au vin". C'était l'époque glorieuse du Germon, le thon blanc qui a fait la fortune du port.
💐 Le Rituel du Départ
Avant de partir, les bateaux étaient choyés : « pas une poussière de la quille au haut du mât ! ».
Le cérémonial était strict : on attachait un bouquet de fleurs à chaque tangon et l'équipage partageait un banig melenn (un mélange Saint-Raphaël et Saint-Rémy). Si on ne le faisait pas ? « C'est sûr, ça allait casser ! »
🥘 La Vie à Bord & Tabous
Les marées duraient 25 jours. Pas de frigo. On mangeait d'abord la viande "avec os", puis les rôtis, et enfin les steaks (parfois passés au vinaigre s'ils avaient "verdi" !).
Attention malheur : Au menu, il y avait parfois du "dursken hir" (longues oreilles). On les appelait les "coureurs cyclistes" car il est strictement interdit de prononcer le mot L*PIN à bord d'un bateau !
💰 L'Or Bleu
Quand ça mordait, ça payait. Le partage se faisait dans les bistrots, en liquide. « On en avait plein les poches ». Certains cachaient même des billets dans leurs chaussettes.
En 1966, pour sa première marée comme patron à 23 ans, Robert Tymen gagne 17 000 Francs (deux parts). Il file au garage et s'achète une Renault 10 blanche. Elle coûtait 8 500 Francs.
En une seule marée, il avait gagné deux voitures !
🏆 Le Ruban Bleu
C'était la Ligue des Champions locale. Le Ruban Bleu récompensait le bateau ayant le plus gros tonnage.
Les stars des années 60/70 s'appelaient Jean Bouguéon (Le Petit Comédien) ou Lucien Cossec (Les Gars de Saint-Gué).
Le port hérissé de tangons.
Les Héros du Thon.
« Figez war gwez, bloaz ton ! »
(Des figues dans les arbres, une bonne année pour le thon !)




