Bibliothèque de Kérity
— Témoignage recueilli par Pierre Portais
1947 : La naissance au fond de la classe
L'aventure commence dans l'immédiat après-guerre. Ernest Houchouas, instituteur et fils de gardien de phare, installe ses propres livres dans une vieille armoire au fond de sa classe à l'école des garçons de Kérity.
À une époque où les bibliothèques laïques peinent à survivre, celle de Kérity tient bon grâce à la rigueur de son créateur. Chaque dimanche matin, il faisait ses comptes. Chaque adhérent devait avoir sa carte à l'Amicale Laïque et payer pour chaque emprunt, avec des amendes en cas de retard.
Pour chaque livre, Ernest indiquait sur son cahier l'éditeur, l'auteur, le titre, l'année d'achat et ajoutait un commentaire personnel. Une base de données avant l'heure !
L'ère de "Madame Le Lay"
En 1951, Marie-Madeleine Le Lay arrive à l'école de Kérity. Sous son impulsion, la bibliothèque s'émancipe. On finit par occuper une pièce entière, puis, au milieu des années 80, les livres migrent temporairement au vieux phare de Saint-Pierre pendant la rénovation du groupe scolaire.
En 1998, lors du 50ème anniversaire, la bibliothèque gérait déjà près de 12 000 ouvrages pour 510 adhérents, entassés dans seulement 40 m².
Un patrimoine en question
Si l'intégration au sein de l'UPAL en 1988 a permis de structurer l'offre, la question des locaux reste le point sensible.
Aujourd'hui, l'attachement des habitants à ce lieu chargé d'histoire est intact, mais la vétusté des murs interroge. Entre la volonté de préserver l'âme de ce "fond de classe" et la nécessité de locaux modernes, l'avenir de la bibliothèque de Kérity reste un sujet de réflexion majeur.



