Avant le Football :
La Tragédie de la Soule
Un Sport de "Guerre" entre Paroisses
Vers 1850, la "choule" n'avait rien de l'élégance du football moderne. C'était un affrontement viril, massif. Le but était simple : amener une balle de cuir ou de bois dans un lieu symbolique du camp adverse (souvent le porche d'une église).
Tous les coups étaient permis. Le terrain n'avait pas de limites. C'était autant une fête qu'un exutoire pour les rivalités de clochers. C'est dans ce contexte électrique qu'une immense partie fut organisée à Pont-l'Abbé, rassemblant des centaines de participants.

Le Drame de l'Étang
La partie était acharnée. Dans la fureur du jeu, la masse compacte des joueurs, emportée par son élan, dévia vers l'étang du château de Pont-l'Abbé.
Ce qui devait être un raccourci stratégique vira au cauchemar. Les hommes, alourdis par leurs vêtements de laine trempés, épuisés par la lutte physique, s'engagèrent dans les eaux vaseuses. La cohue créa un mouvement de panique inextricable. Les uns s'entravant les autres, incapables de remonter sur les berges glissantes, la mêlée devint un piège mortel.
La Fin d'une Époque
Le traumatisme fut immense en Bretagne. Ce drame servit d'argument décisif aux autorités pour mettre fin à cette tradition jugée trop sauvage. Préfets et évêques s'unirent pour condamner le jeu.
Dès 1857, des arrêtés d'interdiction formelle se multiplièrent dans le Finistère. La Soule disparut, laissant un vide que le football viendrait combler quelques décennies plus tard, canalisant cette même ferveur dans un cadre, heureusement, bien plus réglementé.