Le Bigouden : Un Méridional du Nord ?
On dit souvent que les gens d'ici ont le verbe haut. L'étranger qui débarque à Penmarc'h ou au Guilvinec est parfois surpris par le volume sonore des conversations. S'engueulent-ils ? Sont-ils en colère ?
Pas du tout ! Dans ses souvenirs d'enfance, Henri Vazel nous livre une analyse savoureuse de ce tempérament de feu. Pour lui, le Bigouden n'est pas un taiseux breton classique.
Pourquoi crie-t-on si fort ?
L'explication est climatique. Vazel raconte que les Bigoudènes ont l'habitude de crier pour couvrir le bruit de la mer et du vent. Même à l'abri d'un talus, tricotant tranquillement, elles continuent de se parler « comme si cent mètres les séparaient ».
C'est une « seconde nature ». Le vent a sculpté les paysages, mais il a aussi forgé la voix des hommes et des femmes.
Alors, si on vous parle fort à Saint-Guénolé, ne reculez pas. C'est simplement que l'âme du pays est réglée sur le volume de l'Océan.
