Ombres et Lumières sur Penmarc'h
Le Choc du Mur de l'Atlantique
Dès l'arrivée des troupes allemandes, le paysage change brutalement. Penmarc'h devient une zone stratégique. Entre Saint-Guénolé et La Joie, une batterie côtière est installée. Les dunes sont hérissées de barbelés, les blockhaus et casemates poussent comme des champignons de béton.

Saint-Pierre : Une Forteresse Technologique
L'Occupation à Penmarc'h est massive. La commune abrite une Flakschule (école de tir antiaérien) et sa Kommandantur est installée à Pors Karn.
Conséquence directe : une pénurie de logements. Hôtels (Bretagne, Lanthony, Moguérou), écoles (garçons, Kerity) et villas sont réquisitionnés en permanence pour loger ces troupes de passage.
Début août 1944, avant leur fuite, les Allemands ont posé 9 mines sur le Phare d'Eckmühl. Le monument a été miraculeusement épargné : dans la précipitation de la débâcle, ils n'ont pas eu le temps de mettre les détonateurs.
La Jeunesse et la Résistance
Dans les rues sombres du couvre-feu, une autre vie s'organise. On refuse le STO, on se cache, et surtout, on écoute Radio Londres en cachette, l'oreille collée au poste pour guetter le signal de l'insurrection.
- > La cerise est mûre...
- > L'abricotier est un bel arbre...
- SIGNAL DE GUÉRILLA GÉNÉRALE (2 Août 1944) :
> « Le chapeau de Napoléon est-il toujours à Perros-Guirec ? »
Cette tension permanente a forgé une génération au caractère bien trempé. Des figures locales comme Jean-Marie et Pierre Dupouy (Saint-Guénolé), chefs du réseau Vengeance, paieront de leur vie leur engagement, mourant en déportation en 1945.
Pierre Boënnec consacre une place d'honneur à deux figures de Saint-Guénolé : Jean-Marie et Pierre Dupouy, fils de l'écrivain Auguste Dupouy.

C'est pour vous rendre cette douceur de France que je suis tombé. »
🌊 L'Exploit du "Vincent-Michèle"
Si certains rendez-vous ont été manqués, d'autres furent des succès décisifs. La résistance maritime était intense : dès décembre 1941, pas moins de 12 navires de pêche ont quitté le quartier maritime pour rejoindre l'Angleterre.
Parmi ces épopées, celle du 2 juillet 1941 reste légendaire. Le chalutier Vincent-Michelle quitte discrètement le port de Saint-Guénolé.

Leur mission est folle : rallier un point GPS au large des Glénan. Au petit matin, la silhouette du sous-marin anglais Sea-Lion émerge.

Jacques Scuiller accepte une mission retour périlleuse : il reviendra à Saint-Guénolé les cales chargées d'armes et d'émetteurs. Il réitérera cet exploit quatre fois.
Secteur Sud-Finistère (Septembre 1944)
Après le signal de la guérilla générale en août 1944, les F.F.I. locaux (réseau Vengeance) ont constitué un arsenal impressionnant pour participer à la Libération.
- • Mitrailleuses Allemandes3
- • P.M. Anglais (Sten)1
- • Cartouches pour Mauser12 000
- Provenance "Barnabé" :
- • Caisses de grenades24
- • Caisses munitions (Mitrailleuse Polonaise)12
Au lendemain de la guerre, la Mairie de Penmarc'h a dressé le bilan de ces années sombres. L'enquête préfectorale de 1945 révèle l'ampleur incroyable de la résistance civile face au Service du Travail Obligatoire (STO).
Outre les frères Dupouy, la commune pleure officiellement :
✝ Lucien LARNICOL
✝ François MERRIEN
✝ Lucien LE LAY
✝ Michel LE GARS
✝ Auguste GANTIER (Conserveur, mort à Buchenwald)
L'ADN des Cormorans
« Unis pour être Forts, Forts pour être Bons »Cette période trouble donne tout son sens à la devise :
- 1. « POUR ÊTRE FORTS » : La résilience. Comme l'ont prouvé les frères Dupouy ou Jacques Scuiller, la force à Penmarc'h est d'abord morale.
- 2. « POUR ÊTRE BONS » : La conséquence. La reconstruction qui suivra ne sera que la récompense de cette unité forgée dans l'épreuve.










