Le Fil Invisible

Postface d’un ancien président des Cormorans

Quand on a eu l’honneur de présider les Cormorans, on ne regarde plus jamais Penmarc’h de la même manière. On voit les villages, les familles, les ports, les chemins… mais on voit surtout ce fil invisible qui relie tout cela. Un fil tissé par des générations de bénévoles, de joueurs, de dirigeants, de supporters. Un fil qui a tenu bon dans les tempêtes, dans les crises, dans les changements.

Aujourd’hui, notre commune change vite. Les jeunes partent parfois faute de travail. De nouveaux habitants arrivent, avec d’autres parcours, d’autres attentes, d’autres repères. Les anciens s’interrogent, parfois s’inquiètent. Et au milieu de tout cela, le club continue d’exister, parfois dans la difficulté, mais toujours avec cette volonté de rassembler.

« Les Cormorans ont créé un “nous” là où il n’y avait que des clochers et des ports séparés. »

En 1920, ils ont été la première union moderne de Penmarc’h. Aujourd’hui, ils peuvent encore jouer ce rôle — mais rien n’est acquis. Un club ne vit pas seulement de souvenirs. Il vit de jeunes qui restent, de bénévoles qui s’engagent, de familles qui s’impliquent, de nouveaux habitants qui comprennent ce qu’ils rejoignent. Il vit de cette alchimie fragile entre mémoire et avenir.

Je ne suis plus président, mais je reste profondément attaché à ce que les Cormorans représentent : un lieu où l’on apprend à faire équipe malgré les différences, un lieu où l’on se parle encore, un lieu où l’on se reconnaît.

Dans une commune où les trajectoires sociales se croisent sans toujours se rencontrer, le club peut redevenir ce qu’il a été : un pont, un repère, un espace commun. Mais cela demande de la transmission, de l’ouverture, de la patience, et surtout cette volonté de dire : “Ce club est à nous tous, originaires comme arrivants, anciens comme nouveaux.”

Si nous voulons que les Cormorans vivent encore cent ans, il faudra que chacun y trouve sa place. Et que Penmarc’h, dans sa diversité, continue de croire en ce qui l’a toujours tenue debout : la force du collectif.

Un Ancien PrésidentCormorans Sportifs de Penmarc'h