1945 : La Renaissance
et le "Ciment" de Penmarc'h
Le retour des héros et le deuil
Le club ne se tire pas si mal du conflit mondial, mais le soulagement est teinté de gravité. Si le capitaine Jos Péron a "tenu bien haut le drapeau" pendant l'épreuve, un grand vide se fait sentir : Lucien Larnicol manque à l'appel.
Une immense joie traverse cependant Saint-Guénolé : le retour du président Hyacinthe Moguérou (dit Claude). Arrêté durant l'Occupation, son absence avait été un coup rude. Dès son retour, il reprend aussitôt sa place à la présidence, symbole d'une continuité retrouvée.
La bataille pour l'Unité : Le "Ciment" des Cormorans
Mais la paix retrouvée amène un nouveau défi, interne celui-là. Le diocèse, sous l'impulsion de l'Abbé Derven, tente de créer une association rivale (un patronage) à la tête de la paroisse de Saint-Guénolé. Un terrain est même acheté à Kerglib, à 150 mètres du terrain des Cormorans !
C'est là que Pierre Boënnec intervient avec la sagesse de l'historien. Il explique à l'Abbé que les Cormorans sont bien plus qu'un club de foot : ils sont la paix sociale de la commune.
Boënnec rappelle une époque que les jeunes avaient oubliée : avant 1920, les quartiers de Penmarc'h se détestaient au point de se "caillasser pour un motif futile". Le maillot Or et Noir avait mis fin à ces guerres tribales en unissant les gars de Kérity, Saint-Gué et du Bourg sous une même bannière.
En effet, c'est ce même Abbé Derven qui, le 3 novembre 1942, avait célébré le mariage religieux de Pierre et Marie-Louise Boënnec dans la nouvelle paroisse de Saint-Guénolé !
Si l'Abbé a su unir ce couple (une union qui durera plus de 70 ans, Pierre ayant même rédigé un livret mémoire intitulé "Marie-Louise et Pierre, 70 ans d'amour partagé"), Pierre Boënnec, lui, a réussi à empêcher l'Abbé de désunir la jeunesse sportive de Penmarc'h.
L'âge d'or de l'Omnisports
Cette période d'après-guerre (1944-45) est aussi celle d'une incroyable effervescence sportive. Faute de championnat officiel, on joue la "Coupe de l'Avenir", mais surtout, sous l'impulsion de Victor de Cadenet fils, les Cormorans touchent à tout !
Le club devient une véritable société omnisports : Basket, Athlétisme, Natation, Tennis de Table... Des noms émergent dans toutes les disciplines : Francis Goanec, Jacky Scuiller, Lucien Jegou, Alain Cossec ou encore Jos Correc.
Des Champions de France à Penmarc'h !
L'athlétisme connaît son heure de gloire. Les Cormorans envoient leurs athlètes jusqu'à Paris pour les championnats de France.
On retient les exploits de la famille Camus et Draoulec :
• Pierre Draoulec : Champion de Bretagne de marche (5km cadets, 10km junior) et 3ème au championnat de France sur 15km !
• Anna Camus : Championne du Finistère sur 500m.
• Mélanie Camus : Championne sur 150m.
Une époque bénie où, comme l'écrit Boënnec : "Les Cormorans volent vers la victoire". Quant au terrain concurrent de Kerglib ? Il fut revendu et loti. L'unité des Cormorans avait triomphé.