Antoine PASCUAL
En 1960, les Cormorans ont le vent en poupe. La municipalité, favorable au sport, vient de livrer un nouveau terrain avec une tribune de 800 places. Mais sur le plan sportif, le club stagne. Lassés de jouer chaque année le maintien en Promotion d'Honneur, les dirigeants décident de changer d'ère.
Le Pari de l'Entraîneur Professionnel
Jusqu'alors, le club fonctionnait "à l'ancienne". Mais le capitaine historique, Jos Péron, vient de se retirer à 39 ans après 25 ans de service. Il faut une nouvelle tête. L'idée, audacieuse pour l'époque, germe lors d'une réunion : faire venir un véritable entraîneur-joueur rémunéré.
Avec l'aval de l'assemblée générale, le secrétaire Corentin Kervarec contacte la Ligue de l'Ouest à Rennes. Les pourparlers aboutissent avec un profil séduisant : un défenseur du Stade Rennais âgé de 29 ans, "Pied-noir" d'Oran. Son nom sonne clair : Antoine Pascual.
La Révolution Pascual
Pour un club amateur, l'arrivée de Pascual est un événement. Élégant, sportif, doté d'une amabilité naturelle, il est immédiatement adopté. Il communique son amour du football à une jeunesse de plus en plus nombreuse aux entraînements.
Le professionnalisme s'installe : un local d'entraînement couvert est même loué dans l'ancienne usine Rio Le Gall de Saint-Guénolé pour permettre des séances intenses les soirs d'hiver.
L'Ascension Sportive
L'effet est immédiat. Les résultats s'améliorent, la recette au guichet augmente et les spectateurs affluent. Dès la première année, les Cormorans montent en division supérieure.
Antoine Pascual ne vient pas seul : il renforce l'équipe avec deux autres Français d'Algérie venus de l'Oranais, le gardien Michel Tendero et l'ailier Rodriguez. Mais l'ossature reste locale et fière.
Guichaoua • Drézen • Hélias • Pochet • Tanniou
Pascual • Tanneau • Pochic • René Guichaoua • Guymar • Gourlaouen
La Fin d'un Cycle (1966)
Antoine Pascual a mené le club du niveau District jusqu'aux portes de la DHR (Division d'Honneur Régionale). Cependant, la fin de l'aventure est plus complexe. Entraînant également Le Guilvinec, la situation devient difficile à gérer.
En 1966, le club lui reproche de privilégier la condition physique au détriment de la technique. Il est licencié et remplacé par Jean Bodéré. Son départ laisse un "trou béant" dans la défense et les résultats s'effondrent.
Pas rancunier, Antoine Pascual reviendra brièvement en fin de saison 1966, uniquement comme joueur, pour aider à sauver le club de la relégation, avant de partir définitivement pour Salon-de-Provence. Il laissera sa place sur le banc à Jean-Pierre Larnicol, puis plus tard à Mahi Khennane.

