Michel Baudry

Michel Baudry :
Le Président de l'Âge d'Or

Président (1974 - 1977)
Certains présidents marquent l'histoire par la longévité, d'autres par l'intensité de leur époque. Michel Baudry appartient à la seconde catégorie. Son mandat restera à jamais gravé comme celui de l'apogée sportif des Cormorans : l'incroyable épopée en 3ème Division Nationale, une "première dans les annales" du club.

L'Homme de chiffres et du terroir

Avant d'être le président de l'exploit, Michel Baudry était un homme de rigueur ancré dans le terroir maritime. Professionnellement, il exerçait comme comptable aux Établissements Le Bouter (réparation navale) au Guilvinec. Une expertise des chiffres qui le prédestinait à la gestion du club.

Le destin semblait d'ailleurs l'avoir marqué pour le sport : il habitait, cela ne s'invente pas, rue du Stade.

Pour l'anecdote, le hasard de l'état civil a voulu qu'il soit marié à une épouse qui portait le même nom de jeune fille que lui : Madame Baudry.

Juin 1974 : Le passage de témoin au Café Jacob

Son arrivée à la tête du club ne doit rien au hasard. C'est lors d'une réunion décisive un mardi soir de juin 1974, au siège social du Café Jacob, que tout s'est joué.

Alors âgé de 42 ans, Michel Baudry n'était pas un novice. Fort de son métier de comptable, il occupait déjà la fonction clé de Trésorier Général depuis deux ans. Élu au premier tour avec 18 voix sur 32 votants, il succède alors à Franck-René Lanthony, une transition naturelle de la gestion financière à la présidence.

Michel Baudry élu président
Juin 1974 : La presse locale annonce l'élection de Michel Baudry. "Le nouveau président occupait depuis 2 ans les fonctions de trésorier général au sein du club".

L'Ascension vers les sommets

Sous sa houlette, l'impensable se produit pour la commune de Penmarc'h : l'accession au Championnat National de Division III. Les bulletins municipaux de l'époque relatent avec fierté ces "deux honnêtes saisons à ce niveau national".

Classement Division III groupe Ouest
Un classement qui donne le vertige !
Penmarc'h (12ème) figure dans la même ligue que le Paris S.-G. (3ème), Nantes, Rennes ou Caen. Notez au passage la victoire 3-0 dans le derby contre Concarneau.

La saison 1975/1976 voit notamment les "Noir et Or" terminer à une honorable 11ème place du groupe Ouest, tenant tête à des réserves professionnelles.

Extrait du bulletin municipal
Le Bulletin Municipal n°5 de 1975 relate l'exploit : "Toute l'histoire du Club, si cher aux Penmarchais, alors qu'il venait d'accéder pour la première fois dans les annales au championnat national".

Une histoire de famille et de terrain

Cette période glorieuse fut celle de batailles acharnées pour le maintien. Sous l'impulsion de cadres comme Bloch, Chevalier, Jean Lucas, ou encore son propre neveu Thierry Le Brun, les Cormorans assuraient leur place parmi l'élite amateur.

L'apport de recrues extérieures, comme l'international sénégalais Christophe Sagna ou la star Loïc Kerbiriou, fut décisif pour franchir ce cap.

Le Prix de l'Ambition

Si l'histoire retient les lumières de la D3, la sortie de scène de Michel Baudry en 1977 fut plus sombre. L'ambition nationale avait un coût exorbitant pour une commune comme Penmarc'h. C'est lui, le Président comptable, qui "fit les frais" de l'aventure, assumant seul la lourde responsabilité du déficit financier laissé par cette parenthèse enchantée.

Son héritage perdura néanmoins à travers sa famille et le basket. Son fils, Philippe Baudry (aujourd'hui décédé), garda les buts de l'équipe B avant de devenir coach de la section Basket. Une aventure humaine partagée avec les proches de la famille.

Section Basket des Cormorans 1975
La Section Basket en 1975, témoin de l'amitié autour de la famille Baudry. On y reconnaît Raynald Tanter (futur maire, debout à gauche), Frédéric Pourchasse (7ème), Thierry Le Brun (neveu du président, 8ème) et Philippe Baudry (fils du président, 9ème).

Un clan familial au service du club

Pour compléter le tableau familial, Michel Baudry était également le beau-frère d'Hervé Roberdel. Une figure incontournable qui fut éducateur chez les jeunes et un pilier du bénévolat (gestion de la buvette, restaurant du Mondial, fêtes d'été) avant de laisser sa place à Guy Jade.

Les anciens se souviendront d'ailleurs que depuis ce passage de témoin à la buvette, "il n'y a plus de vin chaud en hiver", signe que chaque bénévole emporte avec lui un peu de son savoir-faire unique !