Portrait de François Péron

François Péron

Le Premier Résistant Fusillé (1941)
Né le 16 février 1904 à Saint-Guénolé — Mort pour la France le 25 février 1941

20 novembre 1940. La nuit tombe sur Penmarc'h. François Péron, marin-pêcheur démobilisé, rentre de mer. Il ne sait pas encore que son destin va basculer au « Café de l’Océan ». L'histoire que nous rapportons ici est celle d'un homme simple devenu l'un des tout premiers Compagnons de la Libération de France.

L'Incident du Café de l'Océan

Tout commence par une scène banale sous l'Occupation. François prend un verre chez Eugène Jacob. Une patrouille allemande surgit pour faire respecter le couvre-feu. Les ordres fusent : « Schnell ! Raus ! ». François ne bouge pas assez vite au goût d'un sergent qui le gratifie d'un coup de botte.

La réaction du Bigouden est immédiate. Il ne supporte pas l'humiliation.

« Pennoz ! (Comment !) On n'est pas libre maintenant ? »

Une bagarre éclate. Un coup de feu part, traversant le plafond et manquant de peu Gabrielle, la fillette de l'établissement, endormie à l'étage. C'est l'engrenage. François est assommé, traîné à la Kommandantur, puis jeté en prison à Quimper dès le lendemain.

L'Indomptable de Mesgloaguen

Enfermé à la prison de Mesgloaguen, François Péron impressionne ses geôliers. Le crâne bosselé par les coups, il reste farouche. On l'entend chanter à tue-tête des refrains appelant au retour du Général de Gaulle.

Traduit devant un conseil militaire allemand, cette attitude lui vaut la peine capitale. La réponse à sa demande de grâce tombe depuis Berlin : « Il faut un exemple pour mater les Bretons ! »

L'Évasion Brisée

10 février 1941. Veille de la date initialement prévue pour son exécution. François tente le tout pour le tout. Il s'évade par une lucarne et saute dans un jardin, sept mètres plus bas. Le sol gelé est impitoyable : sa jambe gauche se brise net.

« François PERON s'était échappé par une fenêtre et, parvenu sur le mur de séparation... il avait réussi à gagner le toit des ateliers de la prison d'où... il avait sauté dans le vide d'une hauteur de six à sept mètres. »

Le gardien, quelques instants plus tôt, l'avait entendu murmurer :
"De toute façon, la mort est au bout..."

Repris immédiatement, il lance aux gendarmes français : « J'ai honte pour vous ! ». Sa fracture lui offre un court sursis à l'hôpital de Concarneau, mais l'ordre d'exécution finit par tomber.

25 Février 1941 : "Visez bien !"

Au petit matin, on l'emmène vers une carrière près du château de Kériolet. Les Allemands l'obligent à marcher pieds nus dans la boue. Il trouve encore la force de plaisanter : « Vous auriez quand même pu me passer des chaussettes, la terre est froide... ».

Devant le poteau, il refuse le bandeau :

« Pas besoin de tous ces chichis ! Vos balles, jamais ne m'ont fait peur. Je suis prêt. Mais visez bien si vous en êtes capables. Vive la France ! Vive... »

La salve l'interrompt. François Péron meurt en héros.

Avis de condamnation à mort de François Péron
Le Verdict Impitoyable :
Affiche allemande annonçant la condamnation à mort de François Péron (25 février 1941).
(Source : Musée de Bretagne, Rennes)
Les Honneurs de la Nation
  • Compagnon de la Libération (Décret du 17 août 1941)
  • Chevalier de la Légion d'Honneur
  • Croix de Guerre 39/45 avec palme
  • Médaille des Déportés et Internés Politiques