
Jean-Pierre LE BRUN
Une vie dédiée aux Cormorans
Président de 1983 à 2022
Son nom restera à jamais indissociable de l'histoire des Cormorans. Jean-Pierre Le Brun a tenu la barre du navire pendant près de quatre décennies, traversant les tempêtes financières pour ramener le club à bon port, celui d'une sérénité retrouvée.
Retour sur le parcours et les paroles d'un président hors norme.
Retour sur le parcours et les paroles d'un président hors norme.
Depuis la naissance du club, vous avez connu des sommets...
En effet, ce sont des souvenirs inoubliables. En 1962, je signe ma première licence dans la petite criée de Saint-Guénolé. C'est l'époque d'Antoine Pascual et de ses amis "Pieds-Noirs", Rodriguez et Tendéro.
Le club connaîtra ensuite une aventure inédite : une ascension fulgurante de la 1ère division de District à la 3ème division Nationale en seulement 7 ans ! Je me souviens de ce match inoubliable contre l'US Guilviniste devant 4 532 spectateurs payants. Étant marin de commerce à l'époque, il n'était pas évident d'avoir ses congés pour voir les matchs, mais la ferveur était totale.
Pourtant, malgré le public, l'argent manquait. Après la relégation en D4 puis en DH, les dirigeants s'épuisent. À la fin de la saison 82/83, alors que je venais de m'installer comme mareyeur, je suis approché pour prendre la suite. En partant à l'assemblée générale, je dis à ma femme : « Au pire, ce sera pour un court intérim d'une saison... ». 39 ans plus tard, j'y étais encore !
1983 : Alerte Rouge sur les finances
Les finances sont en rouge quand tu deviens président :
C'est le début d'un grand chantier. À peine élu, la banque m'informe que le club est pratiquement en faillite, voire au dépôt de bilan. C'est la douche froide.
C'est le début d'un grand chantier. À peine élu, la banque m'informe que le club est pratiquement en faillite, voire au dépôt de bilan. C'est la douche froide.
Avec l'équipe dirigeante, nous avons engagé le combat. Fort de notre terrain de Keryet (aujourd'hui Stade Pierre Boënnec), nous l'avons mis en caution pour emprunter. Ce redressement a duré 20 ans.
Je n'oublierai jamais l'entraîneur qui, durant 5 saisons, a fait don de ses indemnités pour sauver le club. Finalement, lors de la saison 2002/2003, après un 8ème tour de Coupe de France, le club a enfin retrouvé son autonomie financière.
Le regard qu'il portait sur le club
Interrogé lors de son départ en 2022, il confiait sa fierté :
« Aujourd'hui, les Cormorans vivent sereinement, libérés de ce fardeau. Les ambitions sont mesurées et responsables. Nous privilégions la formation et l'ouverture, notamment avec la section féminine. Avec près de 250 licenciés, le club est une institution vivante au Pays Bigouden. »
« Aujourd'hui, les Cormorans vivent sereinement, libérés de ce fardeau. Les ambitions sont mesurées et responsables. Nous privilégions la formation et l'ouverture, notamment avec la section féminine. Avec près de 250 licenciés, le club est une institution vivante au Pays Bigouden. »
Un héritage immense
Jean-Pierre nous a quittés, laissant derrière lui une empreinte indélébile. En juillet 2022, il avait choisi de passer le flambeau après une extraordinaire série de 39 ans de présidence, un record de longévité et de dévouement.
L'homme qui avait su gérer les nuits trop courtes et les soucis d'intendance pour que vive le football à Penmarc'h s'en est allé, mais son esprit demeure. Il restera pour toujours la figure tutélaire du club, celui qui a su rassurer, bâtir et transmettre.
Adieu et merci, Monsieur le Président.











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