
Loïk Kerbiriou chez lui à Porspoder
Né en 1949 au Guilvinec, Loïk Kerbiriou est un personnage à part dans l'histoire du football français. "L'intello" du Stade Rennais, titulaire d'un CAPES d'éducation physique, a marqué les esprits par sa classe et son anticonformisme.
Mis à l'écart du monde professionnel en 1975 avec ses compères (Raymond Kéruzoré, Yves Le Floch) pour leurs idées jugées trop "contestataires" par les dirigeants de l'époque, il trouve refuge chez les Cormorans. Il y passera deux saisons (1975-1977) qui resteront dans la légende.
La Métamorphose
Au Stade Rennais, Loïk Kerbiriou était un solide défenseur central (ou libéro).
Arrivé à Penmarc'h, il change de dimension et devient le maître à jouer au milieu de terrain !
C'est à ce nouveau poste qu'il sera sacré "Meilleur joueur amateur de France" (Étoile d'Or France Football).
« Je gagnais plus avec les Cormorans de Penmarc’h qu’au Stade Rennais FC ! »
1975 : L'arrivée du "Gauchiste" chez les Bigoudens
« Nous avions une image de voyous, de bolchéviques, de gauchistes. Personne d’autre n’est venu me chercher. Pourtant, j’avais fait de bonnes saisons avec le Stade Rennais (sélectionné aux JO 1974). C'est Raymond Kéruzoré qui m’a dit que les Cormorans de Penmarc’h cherchaient un joueur. J’y suis allé à l’automne 1975. »
Le Deal avec le Mareyeur
« J'ai rencontré Michel Péron, mareyeur. J'avais demandé une réaffectation comme prof d'EPS à Rennes. J'ai posé mes conditions : je voulais bien jouer, mais ne faire que les matchs le week-end, sans entraînements la semaine. Il a accepté. Puis il m’a demandé combien je voulais. On s'est tapé dans la main. En fait, je gagnais plus ici qu'au Stade Rennais ! »
« Descendre de deux niveaux n’était pas un regret. C’était comme si je tirais un trait. Je m’étais nourri de ce milieu professionnel, mais il y avait trop de choses larvées, déguisées. Il fallait apprendre à se taire. »
Un Pro chez les Amateurs : Le Choc des Cultures
« J’avais un super copain à Penmarc'h, Claude Volant (prof d'EPS). Les autres joueurs ont dû penser que j’étais un "bandit" qui allait mettre le bazar ! Au départ, l’équipe avait du mal, mais il y avait un noyau exceptionnel. »
« Pour moi, jouer aux Cormorans a été une bouffée d’air extraordinaire. C’était super humain. J’ai débuté au milieu de terrain. J’ai fait deux saisons avec uniquement des mecs du coin. On a gagné des matchs à l'arrache avec des exploits à la clé. »
Souvenir de voyage : Le vin rouge avant le match
« J’ai joué mon premier match à Dieppe, un samedi à 15h. Avant de manger à 11h, les joueurs prenaient l’apéro et la bouteille de rouge était sur la table ! Je me demandais comment cela allait se passer... Je crois que nous avons gagné. Le match suivant à l'extérieur, on a perdu 6-0, mais on a fait la grosse fête dans le car au retour. »
L'Après Penmarc'h : Après cette parenthèse enchantée de deux ans, Loïk Kerbiriou rejoindra le Stade Brestois (en D2) pour la saison 77-78. Il deviendra par la suite un kinésithérapeute reconnu, œuvrant notamment auprès des équipes de France.