
Yo Madec : L'Homme-Orchestre du Cap
Il est de notoriété publique, entre les rochers de Saint-Guénolé et les clochers de Plomeur, que la jalousie est un vilain défaut. C'est sans doute ce péché capital qui pousse certains esprits chagrins — ou excessivement lucides — à surnommer Yo Madec « DIEU » ou, plus affectueusement encore, « Le Divin Chauve ». Rien que ça. Remarquez, l'homme a l'ubiquité facile.
Tel un Rémi Bricka bigouden, mais qui aurait troqué les colombes et les cymbales dorsales pour une programmation culturelle pointue et un ballon rond, Yo est partout. Il est l'homme-orchestre de la Pointe. Un jour il fonde le God Save The Kouign, transformant le beurre salé en rock'n'roll ; le lendemain, il programme la salle Cap Caval avec un flegme britannique qui ferait passer James Bond pour un agité du bocal.
Mais son miracle le plus retentissant reste sans doute diplomatique. Là où l'ONU aurait échoué, Yo a réussi : marier l'eau et le feu, Plomeur et Penmarc'h, pour donner naissance au Groupement Jeunes Cap Caval. Il a pacifié la frontière, armé de sa seule bonhomie et de ce détachement "so british" qu'il promène sur les terrains comme dans les festivals.
Car Yo Madec a ce talent rare de rendre le monde plus cool simplement en se tenant debout à côté. La preuve ? Regardez l'image ci-dessous. Ce n'est pas Manu Chao qui invite Yo Madec. C'est le « Divin Chauve » (à gauche) qui a gentiment accepté de parrainer un petit chanteur débutant à casquette (à droite), en lui offrant l'habit de lumière suprême : la tunique des Cormorans.

L'histoire ne s'arrête pas là. Comme s'il craignait les temps morts plus que le hors-jeu, Yo a également apporté sa pierre à l'édifice du FC Begood United. S'il n'en est pas l'architecte unique, il a assurément participé aux fondations de cette transfrontalière footballistique du Pays Bigouden. Un projet visant à réunir des quasi-quinquagénaires à la flamboyance émoussée... On ne dira pas par quoi, ni par qui. Laissons planer le mystère.
Mais les légendes finissent toujours par revenir à la source. Aujourd'hui, il a rechaussé les crampons, au sens figuré, pour s'asseoir sur le banc de touche. Désormais co-pilote de l'équipe fanion, il transmet sa science au jeune Tom, formant un duo mêlant fougue et expérience.
C'est une boucle presque bouclée pour celui qui fut, dans une jeunesse que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, un footballeur extrêmement brillant. Une pépite locale dont la technique soyeuse hante encore la mémoire des anciens. En attendant qu'il ne dévoile un énième talent caché, savourons la chance de l'avoir dans nos rangs.