Le Phare de la Rédemption
En cette fin de XIXe siècle, Penmarc'h est une côte redoutée, surnommée parfois la "Côte de l'Enfer". Les naufrages y sont légion. Mais en 1897, une silhouette de granit de Kersanton va changer à jamais le destin de la pointe.
Ce n'est pas une simple construction administrative. C'est l'œuvre d'une femme, la Marquise de Blocqueville. Fille du célèbre Maréchal Davout, Prince d'Eckmühl et héros des guerres napoléoniennes, elle meurt sans enfant et lègue sa fortune pour bâtir un phare.
Son testament, publié dans Les Annales de l'époque, révèle le but bouleversant de ce monument. Elle ne voulait pas célébrer la guerre, mais la racheter :
Le résultat est un chef-d'œuvre. Comme le rapporte Le Monde Illustré du 23 octobre 1897, on n'a jamais vu tel luxe pour un bâtiment maritime : murs intérieurs recouverts d'opaline, rampe d'escalier en bronze, boiseries en acajou... Au cœur de la tour, la statue du Maréchal veille désormais sur les marins, lui qui avait tant fait couler de sang.
Le jour de l'inauguration, malgré l'absence du Ministre retenu à Paris, Penmarc'h est en liesse. On inaugure ce que la presse appelle alors « Le phare qui n'a pas de rival dans le monde entier ».


